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TN dans le pré d’à côté. Des vaches dans celui d’en face. Dans le jardin, un abri en bois attend des poules. Le lapin blanc, lui, s’est sauvé en rongeant son enclos. Tout est encore vert en ce début d’automne, même si un feu brûle dans la cheminée. A moins d’une heure de route de Bruxelles, on est en pleine campagne. Là, justement, où voulaient vivre Pierre-Edouard, 40 ans, et Amandine Stérin, 36 ans, avec leurs trois jeunes enfants. Au vert, oui. Mais, surtout, hors de France. Toute la famille a franchi la frontière il y a deux ans, juste après l’élection présidentielle. Et incarne à la perfection cette inquiétante tendance des jeunes actifs, souvent créateurs d’entreprise, à quitter la France. Pierre-Edouard, pourtant « mauvais élève au lycée », même s’il s’est rattrapé ensuite, passionné de jeux vidéo, a déjà lancé cinq entreprises au total, dont Smartbox qui vend des coffrets cadeaux, sans oublier un fonds d’investissement, Otium Capital, qui a permis au site de réservation de restaurants La Fourchette de passer de 20 réservations par jour à 20 000 en quatre ans, avant d’être vendu au géant TripAdvisor le printemps dernier.
Ce « serial entrepreneur », Nike
Tn Requin Pas Cher élocution de mitraillette et grand sourire, a également créé 1 200 emplois en quinze ans, pour un chiffre d’affaires global supérieur à 500 millions d’euros. Mais sa dernière start-up, dans le secteur du parfum, verra le jour en Belgique, comme les jobs qui en découleront. Une perte sèche pour la France, où le chômage frappe plus de 10 % de la population. « Je ne suis pas parti à cause de l’impôt sur la fortune, que je ne payais pas. Mais bien à cause de celui sur les plus-values. En France, il atteignait 34,5 % lors de mon départ. En Belgique, 0 % ! » Mieux, dans son nouveau pays, une entreprise qui dépose des brevets, comme sa dernière-née, est exonérée de l’impôt sur les sociétés.
Comme beaucoup de ceux qui ont choisi l’exil, les Stérin n’ont pas fui que le fisc. Ils ont tourné le dos au « harcèlement administratif », aux contrôles, aux procès. « Avec Smartbox, dès la première année, en 2004, je me suis retrouvé en correctionnelle », raconte Pierre-Edouard. Un an de procès, des frais d’avocats… Tout cela parce que l’Administration pensait que cette société de bons cadeaux avait enfreint la législation sur la vente de voyages. A tort. Mais le fondateur, lui, n’a rien oublié : « Dès qu’on réussit, l’Administration pense que ce succès est louche. Air
Max J’ai subi un contrôle chaque année, pour des motifs divers. Et même si j’ai prouvé ma bonne foi à chaque reprise, ça use », avoue-t-il. Sa femme, d’abord réticente à l’idée d’un départ, met aujourd’hui en avant d’autres avantages : un système éducatif moins stressant, des loyers plus bas, des plombiers « disponibles » et des médecins qui se déplacent (même la nuit), souligne-t-elle.
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